Un étudiant qui arrache sa race: Jérôme Von Billag

Nos concurrents d’EtronMag viennent de réaliser une série de portraits « d’étudiants qui déchirent. » Parce que nous ne nous laisserons pas dépasser par la droite par une bande d’entrepreneurs trentenaires, Croulants riposte en lançant une série de portraits « d’étudiants (helvétiques) qui arrachent leur race. »

Jérôme porte le suçon au cou à gauche.

Jérôme Von Billag, 21 ans, Master en Gestion des Stocks de Thé Froid

« Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours voulu devenir déménageur pour huissier. » Souriant et dynamique, Jérôme a fixé les priorités de son plan de carrière depuis tout jeune. À l’âge de cinq ans déjà, il s’entrainait à vider la chambre de sa sœur de tout le mobilier de valeur qu’elle contenait pour le revendre à la Renfile sous le regard admiratif de son père, Justus Von Billag, CEO de l’entreprise du même nom. À 21 ans seulement, Jérôme poursuit son rêve d’enfant en parallèle à une formation HEC Executive en gestion des stocks de thé froid (de la Migros aussi bien qu’Elvis).

Jérôme est aussi versatile qu’un couteau suisse. Depuis 2007, il travaille à temps partiel chez Pelichout Déménagements où il occupe le poste de junior coordinateur des évacuations et perquisitions judiciaires. « Ma mission est d’être en contact permanent avec les autorités judiciaires genevoises pour que mon entreprise soit toujours la première à répondre lorsqu’il est nécessaire d’aller perquisitionner les meubles d’un mauvais payeur. J’envisage mon travail comme une mission civique qui rend la vie à Genève plus agréable aux bons payeurs. »

Pourtant encore jeune, Jérôme possède un bon nombre de hard skills qui lui permettront de se positionner au mieux sur le market de l’emploi. Il sait déplacer les horloges neuchâteloises seul et peut rouler un tapis d’une main. De plus, Jérôme a une maîtrise des soft skills sans comparaison avec ses camarades en sociologie du travail. Son emploi qui le met quotidiennement en relation avec des clandestins polonais et des huissiers locaux lui a permis de renforcer ses capacités de leadership et de team building. Comme il le dit si bien: « J’suis pas n’importe qui non plus. »

À terme, Jérôme caresse le rêve de devenir lui-même huissier ou de reprendre l’entreprise familiale chargée de s’occuper de la récolte de la redevance Radio-TV en Suisse. Mais avant cela, il se rendra quelque mois à Obwald pour trouver une femme docile à épouser. Tel est le lot des futurs décideurs helvétiques.