Un modèle d’intégration réussie: Antonio Hodgers

Le Printemps est dans l’air et dans les cœurs. Les prochaines votations qui visent à repousser hors de nos frontières l’envahisseur barbare usurpateur de notre système d’assurances sociales approchent à grand pas. C’est donc le moment idéal pour célébrer la saine jeunesse et mettre définitivement à plat la différence entre le bon étranger et le mauvais étranger. Comme pour le sujet de la criminalité (qui se juxtapose plus ou moins avec la présente problématique), nous allons user de l’approche par cas, la fameuse case study à-la-one-again, pour vous exposer ce qu’est un bon étranger. Et l’objet de notre attention pascale n’est autre que l’étranger idéal, le modèle de l’intégration totale à la Suisse, l’osmose genevoise, j’ai nommé Antonio Hodgers.

Les yeux, c'est le reflet de ton identité nationale.

Le choix de ce sémillant et élégant député vert pour parler de l’intégration va certainement en étonner plus d’un. J’entends déjà les cris d’étonnement: « Quoi? Antonio Hodgers n’est pas un Suisse 100% pur sucre? Son sang ne remonte pas aux sources de notre démocratie semi-directe, au pacte confraternel de 1291? » Et non, le bel Antonio est Argentin comme Lionel Messi et Mafalda. C’est que le bougre fait rudement bien illusion. Il s’est tellement bien intégré à son pays d’accueil; il a si promptement su imiter les caractéristiques genevo-helvétiques qu’on ne retrouve plus aucune trace d’Argentine dans son comportement (si ce n’est sa propension à porter la nuque-longue, laquelle est trop souvent confondue avec une marque d’amour pour le Valais.)

Antonio, sa femme, son chalet et ses bas.

La capacité à offrir aux Suisses un miroir, ses dons de caméléon sont les clés du succès de l’intégration d’Antonio Hodgers. Il est un bon étranger car il a réussi sa mue totale en gros Suisse qui tache. Avec un prénom tessinois, avec un nom de famille qui peut rimer avec Blocher si on le prononce mal, avec son charisme typiquement helvétique – mélange habile du sourire ravageur de Didier Burkhalter, du regard franc d’Ueli Maurer et de la coupe de cheveux de Ruth Metzler – Antonio apparaît comme un reflet fidèle du melting-pot fédéral. De plus, en parfait pseudo-Suisse, le jeune Hodgers a su retenir les spécificités de son canton d’origine, la magnifique République Libre de Genève. Ainsi, il n’hésite pas une seconde à râler – à plusieurs reprises – sur ces foutus Suisses allemands qui ne font qu’opprimer les pauvre Genevois, modestes mangeurs de cardons argentés, avec leurs mille dialectes ignobles.

Monsieur et Madame Hodgers, parfaits Suisses (détail)

Finalement, c’est aussi politiquement qu’Antonio démontre son attachement quotidien à une Suisse propre et nette. Ainsi, il ne rechigne pas une seconde à soutenir son pote Bastion Girod dans son combat contre la surpopulation étrangère (dont on connaît le terrible impact écologique, le bruit et l’odeur). Surtout, Antonio sait rester très vigilant face à l’ennemi intérieur qui nous ronge. Il a eu le courage de se désolidariser du cortège de la manifestation contre l’OMC du 28 novembre 2009 à Genève lorsqu’une partie des « petits cons » qui le composaient ont décidé de mettre en pratique certaines de leurs théories crypto-marxistes et anarchisantes. Antonio Hodgers ne laissera pas croître le péril rouge et noir dans nos belles prairies, il en arrachera systématiquement les racines à l’avenir, il fracassera tous les crânes des jeunes sauvageons autonomes avec son Super-Ego, car tel est le devoir de tout bon Suisse. Compris, bande de petits cons?

Le Super-Ego d'Antonio, hé, ho.

Si toi aussi, étranger fraichement débarqué dans les années 1970, tu as envie de bien te fondre dans la grande fondue helvétique qui crée la bonne humeur: Suis les pas du grand, beau et fort Antonio Hodgers. Tu deviendras plus Suisse que Suisse en moins de temps qu’il ne faut à un Vaudois pour rire d’une blague.