C’est le printemps. Les phéromones et les milans noirs sont de retour sous nos latitudes. Mais surtout, les appels à manifester pour célébrer le travail bien fait se multiplient. De Genève, à Winterthour en passant par Lausanne, Zürich ou Berne, tout le monde trépigne d’impatience à l’approche de la grande fête du labeur émancipateur. Nos chefs d’entreprises devraient se réjouir de voir toutes ces initiatives festives visant à l’exaltation du salariat et des 3 x 8. Mais il y a un hic: tous ces appels en faveur du travail émanent précisément des ennemis de toujours de l’Union Patronale Suisse, les rouges.
Or, dans une Suisse dont l’unité populaire ne tient qu’à l’existence de cette institution plurimillénaire qu’est la paix du travail, il est éminemment nécessaire que l’apolitisme de droite se réapproprie le Travail, un objet qui lui a toujours appartenu mais que certains nostalgiques de la Grève Générale de 1918 ne cessent de lui voler des mains, comme ce con de voisin qui arrêtait pas de chiper mon pistolet à eau à la piscine de Varembé. Nous sommes en 2010 – en pleine vague de pragmatisme: les gauchistes ne doivent plus avoir le monopole du 1er mai.
Oh non! C’est pourquoi Croulants en appelle à un défilé. Le mot d’ordre du premier 1er Mai Pragmatique 2010 (qui aura lieu le 2 mai, parce que nous, on bosse le samedi) est: « Le travail, c’est toujours la liberté! » Si tu crois que le Travail est notre seul salut, que l’effort est la seule valeur dont notre société a besoin, que la marée du capitalisme remet à flot tous les bateaux, que la Main Invisible du marché ne fonctionne qu’à l’huile de coude, tu es le bienvenu parmi nous, Dimanche 2 mai 2010, dès que le pasteur Golay aura fini son beau sermon. Pour que notre manifestation fasse date, nous conseillons à tous les participants d’amener leurs violes ou leur hautbois afin de faire un maximum de bruit. En nous réjouissant de vous voir nombreux et endimanchés!
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J’en serais ! A dimance prochain et nombreux je l’espère.
Amicalement Jules
J’aimerais bien venir mais je travaille aussi le week-end. C’est dommage, parce que sinon j’aurais amené mon triangle.