C’est officiel: suite à l’article que nous avons publié à la fin 2009 sur les liens entre les instances gouvernantes de l’Université de Genève et la mouvance anarcho-autonome, le rectorat a été contraint à démissionner en bloc lors de l’Assemblée de l’Université de ce jour, mercredi 12 mai 2010. Nous ne nous étendons pas sur ce événement attendu avec impatience par toute la communauté universitaire, du plus petit des bacheliers en romanche au plus grand des professeurs de droit constitutionnel. Nous tenons seulement à dire que l’autocritique que chacun des membres du rectorat démissionnaire a réalisé devant le législatif universitaire a été très émouvante. En particulier, l’aveu de koulakisme et d’appelisme de la vice-rectrice en charge du budget a mis la larme à l’œil de plus d’un des participants à la séance. Nous la remercions du fond du cœur pour son honnêteté et sa grande sensibilité.
Mais ce n’est pas le passé, ni le présent qui nous intéresse dans ce billet. Non, c’est sur le futur que vont se concentrer les prochaines lignes. Car au loto du rectorat, c’est l’heure du coup de sac fatidique qui précède la double quine, c’est l’heure de trouver un remplaçant au Recteur Vassalli, d’élire le nouveau père de cette grande famille qu’est l’Alma Mater de Jean Calvin et d’Uli Windisch. Et dans la perspective de la campagne électorale qui se profile, le bureau politique de Croulants a déjà choisi son candidat préféré:
Il se nomme, Aebischer, Patrick Aebischer.
Un seul regard jeté au beau Patrick est l’évidence de ce choix s’impose, éclatante, dans les esprits de tous. En effet, la crinière léonine de l’homme est le signe méta-phrénologique de ses capacités inégalées de bon monarque (ou de fine manager si vous parlez new public management). Scientifique éclairé et sagace, chef d’entreprise à succès, ami des grands de ce monde, bel homme et médecin (oui, médecin, parce qu’on va tout de même pas donner le rectorat au premier professeur d’économie venu), Patrick Aebischer réuni dans son seul corps toutes les qualités requises pour faire passer l’Université de Genève de la 30ème place à la tête du classement mondial des universités, une place qui lui revient de droit. Et lui seul sera à même de faire construire le bâtiment phare de notre Académie, le fameux Donald Ewen Cameron Brain Center qui sera construit dans quelques années à la Jonction et donnera enfin ses lettres de noblesse à ce quartier mal famé.
Mais surtout, Patrick Aebischer est le seul capable de mener à bien la privatisation de notre Université, une privatisation nécessaire pour rationaliser les processus de production de la connaissance, la marchandise clé de la période post-industrielle que nous vivons, de notre économie du savoir. Grâce à son doigté, il saura conclure des partenariats censés avec les entreprises qui sont le moteur de notre croissance. Si Patrick Aebischer en vient à être notre chef suprême, nous aurons la joie de pouvoir enfin nous inscrire à un Master en Spéculation Financière Antisociale (créé en collaboration avec Goldman Sachs), à un MBA en Neurosciences de la Finance (ah, zut, ça existe probablement déjà) ou de poser notre candidature pour un doctorat FNS-Lidl avec à la clé une thèse sur les différentes approches du rayonnage pour mieux attirer les clients en couple.
Oh, futur radieux! Je languis de te connaître!
Patrick Aebischer! Vite!
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bon choix qu’aebischer. lui seul saura mater les étudiants gauchistes genevois à coup de conseils de discipline comme il l’a fait à l’epfl. la discipline et le respect du pouvoir, voila ce qui manque à notre époque!!