La Presse Alliée: Le Cafignon

Le journalisme apolitique de droite est en pleine expansion en Romandie. Pour contrer l’influence néfaste de la presse de gauche (Le Matin, Le Temps ou 24 Heures), des bonnes âmes se dévouent corps et ongles à la cause d’un journalisme décomplexé. Il y a Croulants, bien sûr. Il y a La Nation aussi ou Vigousse (pour quelques mois encore du moins). Nonobstant ces nombreuses revues de qualité, un autre concurrent sérieux se profile à l’horizon du paysage de la presse néo-réactionnaire. Il se nomme Le Cafignon, il est neuchâtelois et son succès est si foudroyant qu’il dépasse toute la presse apolitique de droite par la droite. Nos concurrents, les entreprenant proto-journalistes de la Cité du noble esclavagiste marchand, David de Pury, produisent de glorieux brûlots apolitiques d’extrême-droite à la pelle. En voici un panaché, rien que pour vos yeux!

Une vraie Une. C'est à ces petits détails, à cette touche de bon goût que l'on reconnaît un vrai bon journal.

Le discours du Cafignon se déploie sur deux (sains) axes principaux: le national-socialisme et l’amour des hommes en uniforme. Du côté national-socialiste, c’est un jeune mais néanmoins brillant étudiant en histoire des chemins de fer qui fait travailler sa plume pour éclairer le bon peuple étudiant du lieu. Il se nomme David L’Epée, un nom qui fend l’air comme sa plume acérée et assassine. Dans un bel article intitulé « Le libéralisme libertaire ou le nouvel opium des intellectuels » qui met toute les intellectuelo-apparatchiks de Neuchâtel à genoux, le bon David défend une certaine vision utopique de la race helvétique, purgée de tous ces comédons de gauchistes bobos.

Mille mots parlent plus que mille autres mots, voilà donc ce que David dit:

« Dépourvus de toute connaissance empirique des rapports capital-travail, tenus à l’écart des « dures réalités de la vie », de nombreux étudiants, la future base de l’intelligentsia, plongent dans l’idéalisme – l’idéalisme naïf et généreux d’un monde où le salut vient par le métissage, où l’indistinction des genres garantit l’égalité, où l’immigration sans borne est une « chance pour la Suisse », où l’autre est toujours porteur d’enrichissement spirituel, où l’insécurité n’est qu’une invention de la presse de boulevard et où la paix sociale s’achète avec quelques quotas et quelques festivals inter-communautaires. »

David L'Epée et la foule de ses supporters en liesse lors d'un festival intra-communautaire.

Cet article est dans la droite lignée de son œuvre précédente, publiée dans le Cafignon d’octobre 2009. Sous le titre de « Le Père Furax et les jeunes », David L’Epée y dépeint – de manière très humoristique, tel un Philippe Bouvard au top de sa forme – les jeunes d’aujourd’hui – l’avenir de la Suisse – ceux qui n’hésitent pas à dire: « On aime notre pays. » Il y brosse aussi un portrait corrosif de l’extrême-gauche vieillissante, ces socialistes ou ces membres du PDC, ceux qui ont « un pote prolo », « un pote noir » et « un pote homo ». Du grand art! Face à tant de belles phrases et de beaux idéaux, nous en venons à nous demander quelle est la source de la sagesse de L’Epée. Or, la réponse à notre question est là, au milieu de ses poétiques lignes,  au cœur des envolées rectilignes rédigées d’une main tremblante par le président du Fan-club Alain Soral Section Neuchâtel; la source de l’inspiration de David ça n’est que le « bon sens helvétique [...], bon sens d’un peuple attaché aux valeurs de liberté et d’indépendance et donc spontanément réticent lorsqu’on essaie de le faire marcher au pas. » Amen.

Le fait que Le Cafignon ouvre ses pages à un pamphlétaire qui sait dénoncer ceux qui tentent de « faire marcher au pas » le bon peuple est la preuve de l’ouverture d’esprit de la rédaction. Car ces quelques mots vont à l’encontre de la célébration des forces armées (alignées ou non) qui forme l’autre dossier chaud de ce mensuel de qualité. 2009-2010 a été une belle année au niveau de la présence militaire dans le Cafignon. Et les journalistes de la Maladière ne se contentent pas des tâcherons de l’infanterie ou des fainéants de l’artillerie. Non! Ils interviewent l’élite des tueurs d’État: un légionnaire et un pilote de chasse.

L'acteur préféré de la rédaction du Cafignon dans le film préféré de la rédaction du Cafignon.

Dans deux grands entretiens publiés en octobre 2009 pour le pilote de chasse et en avril 2010 pour le légionnaire, la rédaction du Cafignon nous permet de mieux connaître ces hommes qui nous protègent. Nous y apprenons que Gaël Lachat, membre de la Patrouille Suisse, « est parfois surpris par un événement auquel on ne s’attendait pas; comme par exemple lorsqu’un chien apparaît de nulle part au moment le moins attendu. » Oui, les chiens volants, c’est toujours une surprises surprenante. Et J. D., 24 ans, légionnaire, nous explique comment « amadouer [les Afghans] avec de la nourriture [...] pour qu’ils donnent des informations” sur leurs « femmes habillées en sac de patates » mais surtout, il nous crie tout son mépris de la Suisse et des Suisses qui n’ont pas « de vrai armée » et « ne sont pas des pros! » Quelle subversion! Que ça fait bien d’entendre quelqu’un qui ose dire les choses comme elles sont!

Au Cafignon, la lutte contre le manque de respect de la jeunesse actuelle bat son plein.

En bref, cher lecteur, si tu cherches à multiplier tes saines lectures, nous ne pouvons que te conseiller de t’abonner au Cafignon. La qualité des sujets qu’il traite et les angles originaux choisis par les rédacteurs en font le meilleur des journaux d’étudiants du monde, loin devant International Ink ou ces sagouins de Courants.