Victime du Rectorat: le Dies Academicus

Ce matin, comme chaque année, des milliers de personnes ont patiemment fait la queue devant les portes de Saint-Pierre pour espérer obtenir une place dans ce noble édifice. Car aujourd’hui, comme chaque premier vendredi du mois de juin, le Dies Academicus – la communion géante de la communauté universitaire – devait se dérouler. Or, à 6h03, Stéphane Berthet, secrétaire du rectorat de l’Université de Genève, s’est présenté en haut des marches de Saint-Pierre pour y affirmer haut et fort que: « Le Dies Academicus, y a pas. C’était trop relou. Et pis Charlot Beer, on le voit déjà assez au tournois de jass du Parti Socialiste Genevois. Il arrête pas de tricher avec Deshusses. Alors on a tout annulé. Par contre, on va boire des Anker chaudes avec Pierre Losio devant le mur de ces gros nazes de réformateurs. J’ai un diabolo et des balles pour jongler. Qui vient?  »

De 2009 à 2010: Comment en sommes-nous arrivés là?

La foule frémit. Est-ce possible? Nos autorités ont-elle vraiment tiré un trait sur le Dies Academicus? N’y a-t-il donc plus aucun respect au bout du lac, comme le faisait subodorer la dernière action des Jeunesses Socialistes? À toutes ces questions, la réponse est positive. Nous ne pouvons que constater le dernier éclat du rectorat démissionaire: le Dies Academicus n’aura pas lieu cette année. Claude Allègre, Bernard Henri-Lévy et Jean-Marie Messier, tous prétendants au titre de docteur honoris causa et venus pour l’occasion, enragent. Le premier pense que c’est la faute au GIEC si la cérémonie a été annulée. Le second estime que ce refus de lui remettre une distinction est un affront totalitaire teinté d’islamo-fascisme. Le dernier regrette l’absence d’un buffet. Honte à notre Alma Mater de traiter ainsi les grands hommes de ce début de millénaire!

Vraiment: Noooooon!

Qu’à cela ne tienne! Nous ne nous laisserons plus piétiner par notre illégitime autorité. Prenons notre destinée en main! Si le rectorat ne veut plus du traditionnel Dies Academicus, nous l’organiserons nous-même. Et il sera mille fois mieux que l’original. Car pendant notre Dies Academicus, vous pourrez sculpter des cervelas comme le meilleur des chefs chinois; vous pourrez participer à un groupe de travail préliminaire à la commission officielle sur l’élévation du sentiment régional; vous pourrez vous inscrire à un formidable tournoi de Air-Jass, une nouvelle discipline olympique! Donc venez nous rejoindre, Mercredi 16 juin à 12h07 à la crypte du Palais Eynard pour prendre part au Dies Academicus de Croulants. Nous vous attendons de pied ferme.

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